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La Grammaire, une belle histoire à raconter, à faire et à défaire. Entretien avec Marc Wilmet

« La France n'est pas un phare éteint, comme le pensent trop de responsables – et si peu responsables – de nos affaires publiques, qui oublient de parler leur langue dans les enceintes internationales, qui s'accommodent de l'absorption des œuvres vives de notre économie par le capitalisme étranger, et pour qui la (fausse) sagesse est de faire acte d'allégeance à la loi des empires... Il est des domaines non négociables... en premier notre langue, notre industrie et notre sécurité, qui sont autant de fronts où garder nos défenses sans les quitter des yeux. Que l'une cède et la citadelle tombera. Cette image guerrière traduit très exactement ma pensée. » François Mitterand, Réflexions sur la politique extérieure de la France, Paris, Fayard, 1986, p. 12 et 14, cité par Marc Wilmet, Grammaire critique du français, Bruxelles, De Boeck, 4e édition, 2007, p. 21.

D'entrée de jeu, j'avoue ma crainte de me laisser submerger par mon émotion mémorielle au risque d'écorner mon obligation de réserve et mon objectivité ! Mes lecteurs comprendront très vite pourquoi !

On disait que nous étions au début des années soixante du siècle dernier (petit clin d’œil à Marc Wilmet, avec cet « imparfait ludique », forme populaire du conditionnel, qui serait né en Wallonie (1)).

Mes camarades de classe et moi venons à peine de quitter les jeux de marelle et nos chaussettes blanches pour aborder nos années d'adolescence, à l'Athénée de Woluwe-Saint-Lambert. Notre train-train quotidien y est scandé par la succession sans surprise des heures de cours, un vrai parcours sportif dans cet établissement pavillonnaire, tout juste sorti de terre, entre ville et campagne, entre tours de béton et chants d'oiseaux. Nos repères basculent, en classe de deuxième année, avec l'arrivée d'un nouveau professeur, un rien plus âgé que nous, à l'humour féroce et au rire irrésistible, le regard pétillant d'intelligence et le verbe fort, toujours rigoureux, précis, pour nous éveiller à la beauté de notre langue, « envisagée en elle-même et pour elle-même » et pas en « discipline serve de la dictée » (2) un français qui vit, qui évolue, qu'il faut « étudier au-delà des idées reçues sur la langue » (3).

Par bonheur, Marc Wilmet nous donnera cours plusieurs années – la moitié de notre cursus d'humanités –, et nous n'aurons rien de plus pressé que de l'écouter comme on écoute un conteur. L'art de conter, raconter, intéresser, il le possède déjà, il y puise de quoi endosser les atours du passeur pour transmettre et aller au plus profond du sens du langage, dans ses leçons comme dans ses exposés scientifiques. Il ira jusqu'à écrire en 1994, « Antepost » (4), une fiction poétique consacrée à la place de l'adjectif ante et post nominum qui lui vaudra le Prix Gilles Nélod du conte ! Un condensé d'humour, de dérision et d'auto-dérision, où l'on peut s'adonner au plaisir de démasquer les écrivains sous les pseudonymes, les grammairiens normatifs et les écoles de linguistiques, de reconnaître les citations littéraires, dans une république des lettres où la carte de France phagocyte la Wallonie (la geste des adjectifs rencontre le credo politique de son auteur).

Avec le recul, nous mesurons aujourd'hui ce que nous lui devons dans notre construction et notre non-conformisme intellectuels : avoir eu pour nous guider un professeur soucieux de ne pas priver ses élèves d'une « spéculation enrichissante sur l'extraordinaire outil qu'est le langage des hommes » (5) et qui les familiarise à la maïeutique des questions-réponses. Sa méthode est exigeante, innovante (des leçons d'expression corporelle dans les années 60') et mise sur notre avenir, qu'il s'ouvre sur des sentiers tracés ou sur des chemins de traverse. Il nous convoque un soir par mois, pendant une année scolaire, à assister à une conférence sur des grands thèmes sociétaux. Nous ne pouvons pas prendre de notes et devons rédiger, à chaud au terme de l'exposé, une synthèse avec un bref commentaire critique. Au premier exercice, c'est la Bérézina : rares sont ceux qui dépassent le zéro , les derniers la barre du moins vingt ! À la fin de l'année, toute la cohorte est capable de faire le résumé. Je ne dois pas être la seule à considérer cet exercice comme l'un des plus formateurs de mon parcours.

Ses élèves ont grandi, ont fait leur (libre) chemin, Marc Wilmet aussi ! Après cette expérience de professeur d'athénée, qu'il pratiquait en préparant sa thèse de doctorat, Marc Wilmet s'engage dans une carrière scientifique au FNRS d'abord, à la VUB à partir de 1970 et puis à l'ULB, six ans plus tard. Il sera professeur ordinaire dans les deux universités bruxelloises de 1982 à 2003.

Ses premières recherches, il les consacre au moyen français, à l'étude du système indicatif. Elles s'affûtent très vite au contact de la linguistique, et de l’œuvre de Gustave Guillaume dont il mettra en évidence les grandes lignes théoriques, la psychomécanique du langage.

Marc Wilmet s'impose, dans les années 80,' comme un des grands spécialistes de la linguistique française et reçoit le prestigieux Prix Francqui en 1986, année où il est élu membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises. Professeur invité dans les universités de Nice, Cologne, Santiago de Compostelle, Bocconi à Milan et de Bologne ; il est Docteur honoris causa de l'Université d'Uppsala (2005) et de l'Université de Paris-Sorbonne (2011) dont il est membre du conseil de l’École doctorale « Concepts et Langages » depuis 2001. Président du Conseil supérieur de la langue française de 1999 à 2007, il préside depuis 2001 le Fonds national de la littérature.


Marc Wilmet, un amour de la langue française ancré dans l'enfance ?


Il est toujours difficile de ne pas faire de l'anachronisme et de ne pas réécrire l'histoire !

J'épinglerai tout de même quelques anecdotes qui aideront à comprendre d'où vient cette inclination. En quatrième primaire, à l'Athénée de Thuin, je suis soumis avec mes camarades, à une dictée hebdomadaire. Bon élève en français, je mets le verbe au singulier dans la phrase « un triangle d'oies sauvages volait dans le ciel », un accord à faire selon le sens, et qui demande le pluriel, commente mon instituteur. Moi j'ai lu « Le secret de l'Espadon » de Blake et Mortimer et son aile delta qui vole ! C'est mon plus ancien souvenir grammatical et je saurai, un jour, pourquoi on peut faire l'accord au singulier ! La grammaire scolaire ne pouvait pas le savoir, elle ne disposait pas des catégories grammaticales qui la conduiraient sur ce chemin. Je consacrerai un livre en 1986 aux déterminants du nom  (6). Toute ma vie de grammairien s'est inscrite dans la volonté de répondre à des questions que je me posais, élève ou jeune professeur !

Deuxième exemple lié à ma licence de philologie romane et à la période de stage que j'effectue à l'Athénée de Schaerbeek. Je dois donner une leçon sur le subjonctif que le manuel en usage caractérise comme le mode du doute, et l'indicatif celui de la réalité. J'ai d'emblée en tête des phrases où doute et réalité ne sont pas là où on les attend : « J'espère que mon frère réussira son examen et je regrette que mon frère ait échoué ». Mon maître de stage, Paul Delsemme me laissera inculquer aux élèves une certaine distanciation critique à l'égard de la vulgate grammaticale.

Durant mes humanités à l'Athénée de Koekelberg, j'avais été moqué par mon professeur de français pour avoir osé faire un pas de côté en analyse grammaticale à propos de l'utilisation d'un adverbe dans le sonnet d'Oronte du Misanthrope. « Monsieur Wilmet se croit grammairien. Qu'il écrive d'abord une grammaire et on discutera ensuite ». Peut-être me suis-je attelé bien des années plus tard, à ces sept cents pages de grammaire critique du français, pour légitimer mes propos, si pas pour avoir le dernier mot !

L'amour de la langue, nous l'avons bien compris, qui passe d'abord par la passion pour la grammaire !

Oui j'entame des études de philologie romane et durant les deux années de candidature je n'ai pas de cours de grammaire. C'est en licence que je m'y familiarise avec l'arrivée du professeur Albert Henry, un pédagogue d'une intelligence exceptionnelle, linguiste et stylisticien. J'étais fasciné par Pierre Ruelle et la philologie médiévale, je connais un nouvel éblouissement devant les recherches grammaticales d'Albert Henry.

Je ferai ma thèse  7) chez Ruelle mais sur un sujet de grammaire, le système des temps de l'indicatif en moyen-français (milieu du XIVe au milieu du XVIe siècle). À peine mes recherches lancées, je me rends compte que Robert Martin étudie, en France, le même sujet. Je le rencontre et lui propose de nous le partager : à lui la littérature générale, à moi le théâtre. Nous rédigerons ensemble quelques années plus tard, une syntaxe du moyen français (8).

Le moyen français était une piste vers le français moderne et vers des recherches plus « globales »

Mon intérêt pour le moyen-français que j'appréhendais comme porteur des gènes du français moderne, s'inscrivait déjà en effet dans une vision plus large. Je défends cette approche d'une linguistique historique, non pas généalogique, mais génétique. Étudier le moyen français s'est avéré une manière de comprendre les relations entre les périodes et le passage de l'organisation latine à la structure de notre langue, autour notamment de la multiplication des auxiliaires temporels, aspectuels et modaux et du développement d'un sous-système de l'imparfait. C'est à la lumière du commencement que nous saisissons la fin.

Albert Henry m'avait fait découvrir Gustave Guillaume, un linguiste figure de proue d'un mouvement auquel les linguistes québécois donnent un regain de vigueur à l'époque de mes premiers pas dans la recherche.

Le FNRS m'octroie un mandat d'aspirant et je termine, en un an et demi, ma thèse de doctorat commencée et développée largement pendant mes années d'enseignement secondaire. Je profite de ma fin de mandat pour partir enseigner au Canada, à l'Université de Sherbrooke. Or, un Fonds Gustave Guillaume a été établi à l'Université Laval par Roch Valin. Je ne sais pas encore à ce moment que je vais consacrer des centaines d'heures de travail à étudier l’œuvre de Guillaume, à contribuer à en faire connaître les idées forces et les limites, et, en libre-exaministe, à en dresser un bilan qui ne relève pas de l'hagiographie.

Ce qui me touche d'abord chez Guillaume, c'est l'homme, un personnage marginal dans l'université française. Enfant naturel – ce qui était très lourd à porter fin XIXe siècle – devenu employé de banque, il a la chance d'avoir parmi ses clients Antoine Meillet, le pape de la grammaire française qui le convainc d'entrer à l’École Pratique des Hautes Études de la Sorbonne où il enseignait. Guillaume y acquiert une formation en linguistique historique et en grammaire comparée. Il publie en 1929 « Temps et Verbe », qui fait intervenir le paramètre du temps, le temps opératif, dans l'analyse du langage.

Pour expliquer sa théorie de la Psychomécanique du langage, où la langue se forme dans l'esprit, rien de tel qu'un exemple. Prenons l'article indéfini « un » et l'article défini « le ». Pour Gustave Guillaume, « un » relève d'un mouvement de pensée qui va du général au particulier. « Un » est le marqueur physique d'une procédure psychique par laquelle une notion virtuelle – le nom sans déterminant – devient discours. Au contraire « le » nous conduit au général, c'est le monde de l'historien. Les perspectives sont différentes. Même chose pour les formes du verbe, créées elles aussi dans l'esprit : l'infinitif d'abord, puis s'immiscent le concept de temps et sa réalisation dans l'indicatif. Modes et temps verbaux forment un système que Guillaume nomme la chronogénèse. L'opération mentale qui requiert du temps pour se matérialiser c'est le temps opératif, au cœur de sa théorie.

Vous avez connu le bannissement des cercles guillaumiens alors que vous avez assurément contribué à la compréhension de son œuvre ! Aujourd'hui, dans des eaux plus calmes, quel héritage lui reconnaître ?

À mes yeux, aucune théorie n'est figée. Mon livre  9) sur Gustave Guillaume et son école linguistique a été perçu comme impertinent parce que je tournais le dos à une dérive, la théorie était devenue une religion !

C'est un grand linguiste, dont j'ai souligné le caractère génial des recherches notamment sur le verbe et le nom. J'en retiens avant tout une méthode et une exigence : l'exigence d'une explication totale(le souci d'expliquer après avoir décrit) et l'idée d'une diachronie prospective alors que les spécialistes prenaient jusque-là le temps à rebours.

Mais la vie intellectuelle et scientifique demande que l'on analyse, décortique, confronte les idées dans un mouvement de perpétuel dépassement. Je n'ai pas conçu ma grammaire critique du français autrement et chaque nouvelle édition se nourrit de la percolation des commentaires et remarques de mes pairs.

J'ai en effet été exclu de l'Association de Psychomécanique du langage. Il y a quelques années, j'ai été réinvité à faire une conférence inaugurale. Je l'ai intitulée « Comment peut-on être guillaumien ?  » pour mettre en évidence ce que je « prenais » chez lui. Le plus grand mécompte des disciples vis-à-vis d'un maître c'est de l'embaumer, fût-ce dans un linceul de pourpre.

Lors de la remise du Prix Francqui en 1986, le jury a souligné précisément l'originalité et l'indépendance critique avec laquelle vous avez repris la tradition linguistique inaugurée par Gustave Guillaume et votre souci, dans les travaux plus récents, d'unification de la linguistique traditionnelle et de la linguistique contemporaine. Des vertus rassembleuses, fédératrices, trop rarement mises en exergue !

Chercher à réunifier les mouvements de linguistique vient sans doute tout naturellement de notre approche en philologie romane à l'ULB : la formation ouvre sur les autres disciplines et les autres volets de la langue. Je me suis intéressé à la grammaire mais sans jamais délaisser la littérature. J'ai la passion des textes – mes livres fourmillent de références littéraires – et de l'écriture (Proust et « La recherche du temps perdu » m'intéresse comme histoire d'une écriture).

Richard Martin, dans le volume de mélanges qui m'a été offert lors de mon accession à la retraite, évoque le caractère consensuel et combinatoire de ma linguistique (6). Dès ma thèse, j'ai voulu prendre en compte les différents types de contextes et « La détermination nominale » peut se voir comme une gigantesque combinatoire pour mettre à l'épreuve les hypothèses induites intuitivement.

(ndlr : Dans son discours de réception du Prix Francqui, Marc Wilmet se reconnaît la volonté de décloisonner les époques, les méthodes, les domaines (de la linguistique théorique à la stylistique), les cénacles (Guillaume réintégré à la tradition explicative), les doctrines (mentalisme à l'européenne et formalisme américain) et les techniques (l'ordinateur au secours de la philologie).)

Nous touchons là au cœur de votre méthode, car il y a bien une méthode wilmetienne !

Elle est simple : la description fonde l'explication. Une explication ne peut se forger que si elle s'arrime à un faisceau d'observations. Expliquer revient d'abord à découvrir les convergences. De cette base expérimentale, de ces fondements empiriques qui nous ont mené à une hypothèse, nous allons, par une démarche déductive, circonscrire quelles conséquences sont validées par les faits.

La linguistique est une science humaine et la grammaire scientifique se construit d'hypothèse en hypothèse, dans une approche hypothético-déductive.

La « Grammaire critique du français » est un outil majeur pour apprécier la méthode, l'art de la synthèse, la confrontation des idées sans exclusion, la pédagogie sur la manière dont se construit une théorie.

Après avoir étudié le verbe, le substantif et les déterminants, il me restait à travailler sur la phrase ! Mon objectif s'inscrivait dans une volonté de réfléchir sur la langue.

Tournant le dos à la grammaire scolaire devenue une casuistique, où l'on biaise le raisonnement pour ne pas changer la règle, et totalement asservie à la divinité Orthographe, je me suis engagé dans un travail de fond pour intégrer la recherche linguistique et la faire « descendre » dans les classes et le grand public. Je veux entraîner le lecteur dans le dédale de la recherche et de la spéculation sur la langue. Une grammaire devrait pouvoir se lire comme un roman, un roman policier même, où l'on arrive à des choses dont on n'avait pas idée.

La grammaire scientifique pourrait faire un travail de filtrage de la grammaire scolaire au premier degré d'humanités, la critiquer au second et la détrôner au troisième.

Mon cours au Collège Belgique sera centré sur ce mariage forcé dans la grammaire normative entre orthographe et grammaire. Mon propos sera de montrer les châteaux de cartes d'explications dont se nourrissent les grammaires traditionnelles, et d'évacuer, pour sauver la rigueur scientifique, toutes les scories, les inepties qui encombrent la grammaire scolaire. L'exception confirme la règle, selon l'adage, dans la grammaire scientifique elle l'infirme.

Il faut aller vers plus de vérité, même si on sait que l'on n'y arrive jamais, on sait qu'elle existe et on s'en approche ! Toujours mon souci de comprendre, d'expliquer clairement. Plus l'exposé est simple, plus il est juste... « La ligne claire », c'est marcher vers la lumière.


(1) WILMET, Marc, Grammaire critique du français, Bruxelles, De Boeck, 2007, p. 423.
(2) SAUSSURE, F.de, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1960, et Wilmet, M. Grammaire critique..., p. 19.
(3) voir ROSIER, Laurence, L'avenir dure longtemps, dans La ligne claire. De la linguistique à la grammaire, Paris-Bruxelles, De Boeck et Larcier, 1998, p.  149-161.
(4) WILMET, Marc, Antepost. Conte linguistique, Bruxelles, Les Éperonniers, 1994.
(5) WILMET, Marc, Grammaire critique..., p. 27.
(6) WILMET, Marc, La détermination nominale. Quantification et caractérisation, Paris, Presses universitaires de France, 1986.
(7) WILMET, Marc, Le système de l'indicatif en moyen français. Étude des « tiroirs » de l'indicatif dans les farces, sotties et moralités françaises des XVème et XVIème siècles,Genève, Droz, 1970.
(8) WILMET, Marc et MARTIN, Richard, Manuel du français du Moyen-Age. 2. Syntaxe du moyen français, Bordeaux, Sobodi, 1980.
(9) WILMET, Marc, Gustave Guillaume et son école lingusitique, Paris-Bruxelles, Nathan-Labor, 1972.

Maud Sorède, mai 2014.

Pour en savoir plus...
* voir La Ligne claire, Mélanges offerts à Marc Wilmet à l'occasion de son soixantième anniversaire.
*Collège Belgique, Bruxelles, Palais des Académies, 23 et 30 septembre 2014, cours-conférence de Marc Wilmet « Silence ! a crié la maîtresse. Si vous continuez tous comme ça, nous allons faire de la grammaire » (Goscinny)

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