Les Actualités / Un coup de crayon pour nous dessiller les yeux ! Jean Plantureux (alias

Un coup de crayon pour nous dessiller les yeux ! Jean Plantureux (alias Plantu)

L’Académie royale de Belgique ne cesse de nous surprendre ! Après ses initiatives citoyennes, elle marque un nouveau temps fort aujourd'hui, toujours dans le dessein d'enrichir une tradition pluriséculaire de savoir érudit et de confraternité savante, en s'ouvrant à d'autres publics, à d'autres défis.

En élisant comme associé, Jean Plantu, dessinateur du journal Le Monde, l'Académie donne une nouvelle preuve de sa capacité à évoluer pour s'adapter au temps, à saisir ce qui contribue au renouveau de la pensée et au débat d'idées dans une société en quête de sens et d'intégrer d'autres modes d'expression. Cette élection s'inscrit dans cet esprit. Reçu, non pas dans la Classe des Arts que son talent artistique aurait conduit naturellement à en rejoindre les rangs, mais bel et bien dans la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques, c'est l'éditorialiste politique qui est mis à l'honneur. Cette reconnaissance, il la doit à sa clairvoyance subtile et à l'indépendance de son regard sur notre planète, à son génie. Plantu a en effet le génie de pouvoir pointer en quelques traits, là où d'autres ont besoin d'un pensum, l'essence d'une question, les travers d'un discours, le pathétique ou le ridicule d'un événement ; le génie de la synthèse en un coup de crayon, instantané et analyse tout à la fois, des espoirs qui nous font tenir debout, des menaces qui gangrènent notre vivre-ensemble planétaire.

Hommage est donc rendu au dessin de presse quand il est mené avec ce degré d'intelligence, de probité et de talent. Et Plantu est sans conteste, depuis plus de quarante ans, un des acteurs majeurs de ce moyen d'expression comme langage universel, et du changement de rôle, du caricaturiste, du dessinateur au journaliste. Grâce à Plantu et à quelques autres, le dessin de presse est passé d'une vocation illustrative ou satirique, d'une expression artistique à une dimension politique, éditoriale, au point d'en devenir le clin d’œil emblématique de l'identité d'un journal.

Un chemin amorcé dans les années 70' du siècle passé et que Plantu a tracé autour de quelques fondamentaux, avec des convictions, une morale et une éthique inébranlables pour fil rouge : l'absolue primauté des droits humains, la dénonciation absolue de tout manquement à leur égard où que ce soit et quel qu'en soient les auteurs ou les victimes, le refus de composer, de cacher, d'éluder par respect de la vérité et du lecteur, la colère devant le mensonge, la trahison, le retournement de veste.

Rencontre avec « un ami de trente ans » – nous avons organisé sa première exposition de dessins au Botanique, avec le Comité belge pour l'Unicef, en 1984. Rien n'a changé : un profil juvénile tout droit sorti d'une fresque de Lippi, le regard d'un candide à qui on ne la ferait pas, une façon d'être qui révèle son respect de l'autre, sa réserve, une douceur qui n'a rien de l'indolence, qui sait se faire déterminée dans l'adversité.

Avec l'association internationale, « Cartooning for Peace », qu'il a fondée, en 2006, avec Kofi Annan, alors Secrétaire général de l'ONU, Plantu va sur le terrain, avec ses pairs dessinateurs des quatre coins du monde, pour établir, avec les jeunes en particulier, un dialogue singulier pour construire la paix et désapprendre l'intolérance. Il s'agit pour les membres de « Cartooning for Peace » de vivre le dessin de presse comme un outil de réflexion, confrontant éthique de conviction et éthique de responsabilité, sur les moyens « de promouvoir la compréhension entre des gens de croyance ou de culture différentes ».

Rien n'a changé dans le dessin, le croquis, avec toujours l'indignation et l'indépendance pour étendard. Mais quand il s'exprime, sans ses crayons, Jean Plantureux le fait avec une force de frappe qu'il n'avait pas il y a trente ans. Avec les années, il a nourri sa révolte, ses émotions en disséquant actes et discours de ceux qui nous gouvernent, pour atteindre une langue plus percutante, plus ferme, plus déterminée.

Plantu est l'auteur de plusieurs dizaines de milliers de dessins, parus dans Le Monde, Le Monde diplomatique, l'Express, Phosphore, de près de 60 recueils et d'une petite dizaine d'ouvrages en collaboration. Son œuvre a fait l'objet d'une thèse de doctorat de l'Université de Nancy en 2002, sous la plume de Rémi Pézerat. Récompensé par plusieurs prix et reconnaissances, nous épinglerons un Prix de l'Humour noir en 1989, le « Markiezenaward » aux Pays-Bas en 2013 pour l'ensemble de sa carrière, un DHC de l'Université de Liège la même année, et la réalisation pour l'Unesco de port-folios de ses dessins en l'honneur des 50 ans de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. La Poste français émettra à deux reprises des timbres illustrés par Plantu, en 1998 et en 2005. En 2008, une exposition intitulée « De Daumier à Plantu » est montée au Musée Yves Brayer, aux Baux-de-Provence.


Jean Plantu, votre insolence créative, vous l'avez puisée dans votre milieu ?


Sans doute sommes-nous marqués par les ambiances, le cadre de vie dès l'enfance, par les inclinations de nos parents. Je viens d'un milieu simple, pas du tout intellectuel, et aux fins de mois difficiles. J'ai toujours l'impression en écoutant la chanson de Michel Jonas « les vacances au bord de la mer » qu'il parle de moi et des miens !

Ma mère, femme au foyer, qui lisait beaucoup (des classiques et des policiers) avait une causticité très affirmée qui a certainement stimulé mon esprit critique. Mon père se passionnait pour les sketches et les jeux de mots, et moi pour les jeux de signes, ce qui n'est pas bien différent.

Comme je collectionnais les prix d'honneur et d'excellence à l'école primaire, j'ai décroché une inscription au Lycée Henri IV où je vais collectionner les zéros durant toute ma scolarité. Par contre, j'y suis très impressionné par l'atmosphère et la richesse culturelle qui ont favorisé une ouverture d'esprit et une curiosité, deux garde-fous dont j'essaie de ne pas m'éloigner sur mon chemin.

Le dessin, cadeau des bonnes fées qui veillent sur votre berceau ou récompense d'années d'efforts et de doutes ?

Je me suis beaucoup exprimé par le dessin dès l'enfance. À 14 ans, je fais part à ma famille de mon envie de faire une école de bande dessinée, l'année suivante, c'est le théâtre qui me fait rêver. Mes parents, bien dans la norme comportementale de l'époque, exigent de « vraies » études et, mon bac en sciences en poche, j'entame, selon leurs vœux, des études de médecine.

Ma rencontre à 17 ans avec celle qui allait devenir ma femme bouleverse les plans familiaux et toute ma destinée. Chantal me pousse à faire du dessin et à me former à Bruxelles, dans la seule école européenne de BD.

J'annonce donc à mes parents, tout de go, que « j'arrête médecine », que je me marie, que je lâche mon boulot aux Galeries Lafayette pour partir m'installer à Bruxelles et y reprendre des études.
Ma volonté est de me former à Saint-Luc, pour trois ans, mais je ne peux pas payer les droits d'inscription.

Suite à la lecture d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, je traduis un passage de l’œuvre en BD que je soumets au rédacteur en chef de « Spirou » qui trouve le travail extraordinaire, l'histoire bien plus que le dessin d'ailleurs. Mon orgueil en prend un coup ! .Mais il me donne l'occasion de dessiner et je deviens illustrateur dans différents journaux : Bonne Soirée, Panurge, un journal étudiant, etc.

Au bout d'un an, je rentre à Paris et case des dessins à Paris scope.

C'est l'époque des premiers contacts avec Le Monde, une école de la patience et de l'opiniâtreté pour le jeune illustrateur que vous êtes !

Assurément ! En partant travailler aux Galeries Lafayette qui m'ont engagé à nouveau, je dépose des dessins au Monde. Le rédacteur en chef les reçoit, les regarde mais aucun n'est pris pendant des mois. Et puis, un jour, c'est le tremblement de terre pour mon petit atoll personnel, le rédac'chef me dit qu'il n'est pas impossible qu'on imprime mon dessin. La colombe de la paix en pleine guerre du Vietnam est publiée dans Le Monde, le 1er octobre 1972 ; J'ai 21 ans. Au troisième dessin publié, je reçois un chèque et je n'en reviens toujours pas !

Une collaboration s'ébauche et résiste au temps, aux modes et à la concurrence d'autres moyens d'expression. Il y a, à la fois de la gratitude et de la fierté d'être au Monde.

Oui, je suis bien conscient de ce que je dois à Bernard Lauzanne, le rédacteur en chef qui m'a fait confiance et qui m'a accompagné pendant 10 ans, jusqu'à sa retraite en 1982. Son rôle a été déterminant. André Fontaine me donnera aussi un fameux coup de pouce. Lors de ses déplacements pour le Monde, il avait pu faire le constat que ses interlocuteurs lui parlaient de mes dessins. En 1985, devenu directeur, il a pris la décision de me mettre quotidiennement en Une. Son prédécesseur, André Laurens m'avait ouvert la Une du samedi depuis 1982.

Ma fidélité au Monde repose sur le sentiment que c'est le plus beau cadre pour le dessin politique, qu'il y règne une culture, un sérieux, une indépendance et une rigueur extraordinaires. J'ai beaucoup appris des journalistes qui ont nourri ma culture. Ils sont un peu les professeurs que je n'ai pas pu avoir ou que je n'écoutais pas. Ma vie à l'école, et je fais pareil dans mes lectures actuelles, revenait, au départ d'un cours, à en perdre le fil, de l'Histoire je passais à mes propres histoires !

L'indépendance n'est sans doute pas simple à préserver, bien qu'elle soit essentielle au dessin de presse.

Dès les années 70', j'ai fait l'objet d'invitations à déjeuner de grands ténors de la politique et j'ai toujours refusé. Le Monde a reçu régulièrement des pressions pour que je sois mis un peu en retrait, voire à l'ombre. Les directeurs sont convoqués à l'Élysée ou Matignon mais demeurent inébranlables dans la défense de leurs journalistes.

Autre qualité de mon journal, celle de pouvoir se moquer de soi-même. Il y a quelques jours, j'ai publié un dessin dans lequel un responsable du PS désigne son ennemi la Finance et reconnaît ne pas savoir où l'on va et ma petite souris porte-parole de mes clins d’œil dit « on se croirait au Monde ». Il est sorti à la Une sans aucun problème.

Je mesure la chance de travailler dans un univers comme celui-là, une chance qui n'est jamais acquise pour toujours. La loi du marché et le discours « marketing » constituent des risques de recentrage ou d'évolution qui ne vont pas nécessairement de pair avec la liberté d'expression.

L'air du temps est à l'indignation comme outil d'expression citoyenne. Elle vous est familière depuis belle lurette. Qu'est-ce qui vous atteint le plus, vous fait bondir, rugir, et lui laisser libre cours en prenant vos crayons ?

Dans la sphère nationale et nos démocraties occidentales, c'est la trahison, envers le peuple, de la gauche. Ce fut le cas, en 83, avec François Mitterand qui tourne le dos à ses promesses électorales et laisse tomber la sidérurgie. C'est Pierre Mauroy qui ne dit pas la vérité sur la vente d'armes aux dictatures argentine et chilienne lorsque la question lui est posée, même en face à face. L'écart entre les pauvres et les riches qui persiste, voire se renforce, quand des gauches sont au pouvoir, représente à mes yeux la trahison des trahisons.

Sur un plan planétaire, mes dessins sur le Tiers Monde depuis plus de trente ans expriment mon état d'esprit.

Dès les années 70', nous avons commis l'erreur de ne pas avoir saisi qu'il fallait s'intéresser au Proche-Orient, à la Méditerranée, à l'Afrique pour comprendre l'Europe. Le pillage de l'Afrique, le djihadisme, le terrorisme noir et islamique, tous les ingrédients étaient déjà perceptibles.

On aurait pu échapper à la fracture entre ces deux mondes. En 2003, Bush lance sa croisade, un abîme de non-sens, avec des fondamentalistes et des « croisés » des deux côtés. On induit une fracture alors qu'il fallait jeter des ponts. Se tourner vers le Tiers Monde permet de forger des réponses pour résoudre les problèmes d'ici aujourd'hui. Cette approche aurait permis d'être en avance sur le XXIe siècle qui bascule pour l'heure dans le fondamentalisme.

Jeter des ponts, c'est ce que vous avez fait avec Arafat et Peres début des années 90' !

Je rencontre Yasser Arafat, à sa demande, en 1990, et réalise qu'il cherche à exprimer quelque chose sur les relations avec Israël, par le dessin. Lors d'un deuxième rendez-vous en 1991, j'arrive à lui faire dessiner l'étoile de David du drapeau israélien sur un de mes dessins et ce dessin, signé de sa main, je l'amène à Shimon Peres qui le signera également.

C'est du domaine du symbolique, un document signé des deux parties, avant les accords d'Oslo, et gagné grâce à un rapport de confiance. Arafat savait que je défendais la cause palestinienne, mais je ne lui cache rien de mon rejet des attentats anti-juifs. Mais en se parlant, en expliquant ses positions, on avance et beaucoup de gens progressent chaque jour dans la construction de la paix au Proche-Orient et la reconnaissance de deux peuples et de deux états. Ils finiront par l'emporter, dans trente ans peut-être, mais la main tendue sera plus forte que les kalachnikovs.

Je suis un homme de confiance et d'optimisme et je veux agir comme si tout cela allait marcher.

« Cartooning for Peace » s'inscrit dans la continuité mais c'est aussi une formidable caisse de résonance pour étendre le dialogue aux quatre coins du monde et élargir la réflexion.

Tout commence avec la fatwa prononcée contre les dessinateurs danois qui ont caricaturé le prophète Mahomet. C'est un immense choc dans le milieu des illustrateurs et le détonateur d'une réflexion sur la responsabilité des dessinateurs de presse.

Je mesure d'un côté le ressenti de croyants qui se sont sentis offensé par nos dessins : un collègue musulman m'explique qu'en humiliant le prophète, on insulte plus que sa propre mère. On sait aussi à quel point ces fatwas ont été manipulées par des imams en Égypte ou à Beyrouth qui entraînent les foules dans les rues. Nous commençons une bataille, contre le fondamentalisme certes, mais surtout contre l'ignorance.

En 2006, Kofi Annan réunit, à mon initiative, douze dessinateurs de nationalités différentes, sur le thème de la responsabilité. Nous travaillons, non pas sur une hiérarchie des valeurs, mais sur les moyens de promouvoir la compréhension entre des gens de conviction ou de culture différentes.

C'est la grille de lecture que « Cartooning for Peace » propose, au travers d'expositions, de débats, de conférences dans les écoles : pouvoir tout dire mais dans le respect de l'autre. Et expliquer, analyser inlassablement pour briser l'intolérance et la haine. Faire de la pédagogie ici et là pour débusquer les obscurantismes. Revenons au prophète : s’il y a blocage, on peut se passer de le moquer pourvu que l'on puisse dessiner l'essentiel, la condition des femmes, les manquements démocratiques. Notre cible n'est pas précisément la religion. Ce sont les religieux fondamentalistes qui font une guerre de propagande et font croire que nous nous attaquons aux croyances et aux croyants. Ne tombons pas dans le panneau.

Dans le cadre de cette association, nous organisons des rencontres avec des jeunes, avec les premiers fantassins de la démocratie, les professeurs, les instituteurs et éducateurs, pour montrer les vertus de l'échange de vues, de dialogue, si l'on accepte d'écouter l'autre pour tenter de le comprendre. Venir dans une classe de banlieues avec deux dessinateurs, un palestinien et un israélien par exemple, c'est déjà une révolution pour les pensées formatées et s'ils se parlent en toute amitié dans le respect de leur différence, ils montrent que la paix n'est pas une inaccessible étoile.

Vous affirmez être un optimiste mais on connaît aussi votre lucidité ! Quelle est votre plus grande inquiétude aujourd'hui pour notre avenir commun ?

La menace essentielle concerne plus que jamais les droits de l'homme et le militantisme de l'aveuglement. Par lâcheté, nous ne voulons pas voir.

Nous ne voulons ni voir, ni comprendre ce qui se passe en Afrique : une Europe qui pille au Sénégal, le commerce (trafic ?) des pierres précieuses aux mains d'intérêts chinois, belges et américains, « des minerais du sang », pour reprendre l'expression de Louis Michel, où se conjuguent guerre et exploitation sur lesquelles nous fermons les yeux pour le plus grand profit des multinationales et de nos appétits en gadgets électroniques.

Les médias participent de ce grand silence. Il faut du courage pour informer sur les ventes d'armes ! Un grand chambardement devrait se faire dans le monde de la presse, et cela se fera dans la douleur.

Des pressions existent et les journalistes résistent mais comment se protéger contre les abus du marketing. D'une certaine manière nous sommes déjà couchés ! Quand je quitterai Le Monde, le risque existe de me voir remplacé par une photo publicitaire !

Notre enjeu majeur, notre devoir, c'est bien de travailler sur tous les fronts contre les atteintes aux droits de l'homme. Et dénoncer les manquements, les dérives partout : attention au militantisme de l'aveuglement (ne pas voir Gaza et les colonies israéliennes ou nier l'antisémitisme de certaines positions).

Ceci dit, j'en reviens à l'esprit de « Cartooning » et à la volonté de respect. Le débat sur la liberté d'expression et sur les libertés est passionnant, essentiel. Mais c'est un langage de riches. Dans des coins du monde où il n'y a même pas une lampe pour s'éclairer, où il n'y a rien à se mettre sous la dent, des populations peuvent se sentir humiliées si l'on rajoute à leur misère des images qu'elles ne comprennent pas. Notre éthique de la responsabilité, c'est de trouver la voie de la tolérance, du respect des autres cultures, en ne reniant pas un iota de nos convictions et surtout des référents universels.

Votre élection à l'Académie royale en Belgique, c'est un témoignage d'avoir été compris dans ce dessein ?

Oui, car l'Académie me reçoit comme éditorialiste et pas uniquement comme dessinateur, et j'en suis très honoré et fier. Les dessinateurs de presse sont, à mes yeux, des capteurs, des petits baromètres qui saisissent quand le vent tourne quelque part. Grâce aux dessinateurs iraniens, je « capte » qu'il y a un début d'ouverture dans leur pays. Ce qui est bon pour un caricaturiste l'est pour un citoyen, quand les portes se ferment, les illustrateurs satiriques trinquent les premiers.

Quand une colombe arrive sur une arche de Noé, c'est une caricature, un dessin mais c'est aussi un pas dans la construction d'un monde meilleur.


Maud Sorède, mai 2015.

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