Modernité musicale au XXe siècle & musicologie critique. Hommage à de Célestin Deliège. Troisième journée

Samedi 23/03/2013 – 09h15

Si ce colloque en hommage à Célestin Deliège se déroule pendant le festival Ars musica et est illustré par des concerts, c’est parce qu’à la création du festival en 1989 et pendant un bon nombre d’années, Deliège en a été un des principaux conseillers. Il avait des contacts personnels avec les compositeurs et proposait la programmation des œuvres récentes qui lui paraissaient importantes après les avoir examinées de manière approfondie. Des années 1950 à sa retraite en 1989 il a été la voix de la musique contemporaine au service public de la radio, l’INR puis la RTBF ; il y produisait régulièrement une émission qui s’appelait « Musiques d’aujourd’hui ». Il y présentait les enregistrements des œuvres nouvelles qu’il obtenait par échange avec les autres radios publiques européennes et celles - moins nombreuses - qui étaient produites à Bruxelles dans les studios de la Place Flagey ou au Palais des Beaux-Arts. En 1975, pour une rétrospective des œuvres de Pierre Boulez, il a enregistré avec le compositeur un long dialogue qui a été publié à Paris sous le titre Par volonté ou par hasard, un livre qui a été traduit dans une dizaine de langues.

Célestin Deliège avait fait ses études musicales avec Pierre Froidebise au Conservatoire de Liège, sa ville natale et avec André Souris au Séminaire des Arts à Bruxelles. Il avait été séduit par les musiques sérielles qui, au lendemain de la guerre ont secoué la vie musicale en faisant connaitre les musiques de Schoenberg, Berg et Webern, négligées jusque-là en Europe occidentale et qui ont suscité ensuite un mouvement de création très radical dans une perspective post-webernienne.

Deliège aurait aimé être compositeur. En 1953, il a assisté à l’un des célèbres cours d’été de Darmstadt, alors fréquentés par des jeunes compositeurs en recherche d’innovation. Il a ainsi bénéficié de l’enseignement d’Olivier Messiaen. A Darmstadt, il a aussi rencontré Irène Smismans qu’il a épousée deux ans plus tard. Irène devait devenir une eminente spécialiste de la psychologie de la musique. Célestin participait alors à un groupe de « dodécaphonistes liégeois » autour de Pierre Froidebise et d’Henri Pousseur mais il n’a pas poursuivi dans cette voie. Il s’est mis à l’étude des musiques nouvelles et a beaucoup écrit à leur sujet. Il a bientôt été appelé à participer à des colloques et congrès internationaux sur la musicologie en relation avec la sociologie, la sémiologie ou la philosophie. Chaque année, il allait ainsi de Bruxelles à Belgrade, Bologne, Helsinki, Tel Aviv, San Diego, ou Montréal et ailleurs pour présenter ses nouvelles recherches ; il participait aussi à tous les débats avec une autorité qui a frappé ses auditoires. En 1971, lorsqu’un cours d’analyse musicale a été créé dans les conservatoires belges, il a été le premier à le donner au Conservatoire de Liège sur recommandation spéciale d’Olivier Messiaen. En raison du rôle pédagogique qu’il pouvait désormais exercer auprès des jeunes, il a publié en 1984 un livre profondément original sur Les fondements de la musique tonale. Dans la suite, plusieurs de ses livres ont rassemblé des articles parus antérieurement dans diverses revues internationales ; ils traitent soit d’esthétique et de sociologie (Invention musicale et idéologies, deux volumes, 1986 et 2007), soit de théorie (Sources et ressources d’analyse musicale, 2005).

Dès avant la mise en place de l’IRCAM, Deliège a participé aux travaux de réflexion de cet institution de recherche établie par les autorités françaises sur la suggestion de Pierre Boulez pour favoriser la création musicale et les études sur la sociologie et les technologies de la musique. Il a participé aussi de 1985 à 1994 à un groupe de formation doctorale en musique et musicologie à l’École normale supérieure et à l’IRCAM ; ce qui l’a amené de 1985 à 1994 à mener un séminaire hebdomadaire sur la musique contemporaine et à diriger une dizaine de thèses.

Célestin Deliège a consacré quinze ans de sa vie (de 1988 à 2003) à un ouvrage monumental, 50 ans de modernité musicale qui n’est ni une encyclopédie, ni une histoire de toute la création musicale dans la deuxième moitié du XXe siècle, mais une histoire approfondie de ce qu’a été la trajectoire de la musique « De Darmstadt à l’IRCAM », comme le dit le sous-titre.

En dédiant le colloque « Modernité musicale et musicologie critique » à la mémoire de Célestin Deliège, les organisateurs ont voulu à la fois rappeler son rôle dans la prise de conscience des problèmes posés par la création et la diffusion des musiques nouvelles depuis 1950, rendre hommage à sa perspicacité, à l’originalité de sa réflexion mais aussi donner le diagnostic d’experts belges et étrangers particulièrement qualifiés sur l’état des questions qu’il avait souvent été le premier à soulever et à étudier. Faire, en somme, une nouvelle démonstration de ce qu’est la musicologie critique que Célestin Deliège n’a cessé de préconiser.

COMITÉS

Comité organisateur

Robert Wangermée, Président
Hervé Hasquin (Académie royale de Belgique)
Michel Hambersin (Académie royale de Belgique)
Pierre Bartholomée (Académie royale de Belgique)
Marie-José Simoen (Académie royale de Belgique)
Valérie Dufour (FNRS-ULB)
Béatrice Denuit, Secrétaire

Comité scientifique

Pierre Bartholomée, Président
Robert Wangermée (Académie royale de Belgique)
Bernard Foccroulle (Académie royale de Belgique)
Christophe Pirenne (UCL et ULg)
Valérie Dufour (FNRS-ULB)
Chris Murray (ULB)
Béatrice Denuit, Secrétaire






Responsables

Nom & prénom

   

Fonction

Robert Wangermée

   

Responsable académique

   

Valérie Dufour

   

Coordinateur

   

Christian Renard

   

Conférencier

   

Bernard Foccroulle

   

Conférencier

   

Michel Hambersin

   

Conférencier

   

Christophe Pirenne

   

Conférencier

   

Jean-Jacques Nattiez

   

Conférencier

   

Simha Arom

   

Conférencier

   

Christopher Murray

   

Conférencier

   

Matière

Matière

Société, lettres et arts

Cours-conférence

Modernité musicale au XXe siècle & musicologie critique. Hommage à Célestin Deliège


Programme

Heure

   

Leçon

   

Conférenciers

09h00 - 09h05

   

Accueil Salle Prigogine

   

     

09h05 - 09h30

   

Les musiques modernes et les autres Session présidée par Benoît Mernier (Académie royale de Belgique)

   

     

09h30 - 10h15

   

De quoi l'œuvre musicologique de Célestin Deliège parle-t-elle et de quoi ne parle-t-elle pas ?

   

Jean-Jacques Nattiez

     

10h15 - 10h45

   

La création lyrique dans le monde contemporain

   

Bernard Foccroulle

     

10h45 - 11h15

   

Les apports de l'ethnomusicologie à l'innovation musicale et à l'analyse des musiques savantes de l'Occident

   

Simha Arom
Christopher Murray

     

11h15 - 11h45

   

Les musiques rock et leurs relations avec les musiques modernes savantes

   

Christophe Pirenne

     

11h45 - 12h00

   

Interruption

   

     

12h00 - 13h00

   

Débat. La modernité musicale et les publics de la musique

   

     

-

   

Introduction : Rapport du Congrès des économistes sur le public des musiques contemporaines (Bruxelles, 2013)

   

Michel Hambersin

     

-

   

Introduction : Gérer le Palais des Beaux-Arts et Ars Musica

   

Christian Renard

     

-

   

Table ronde

   

     

13h00 -

   

Fin du colloque

   

     

Lieu

Site

Palais des Académies

Immeuble

Écuries royales

Local

Salle Ilya Prigogine

Adresse

Rue Ducale 1, 1000 Bruxelles


Documents préliminaires à la leçon

Programme complet du colloque


Galerie


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