Liberté-Égalité. Une genèse non marxiste de l'idéologie bourgeoise

Mercredi 28/10/2009 – 16h00

La question de la naissance des idéologies, véritable lieu commun des sciences humaines au 20e siècle, n’est plus guère abordée aujourd’hui, victime sans doute des excès de systématisme et du caractère très politique de son traitement.

Cette question reste pourtant d’actualité, dans un monde qui n’a certainement pas assisté à la mort des idéologies mais qui accueille plutôt de nouvelles idéologies. Elle reste au carrefour de plusieurs disciplines, et constitue un nœud problématique a priori inépuisable, du moins si l’on admet qu’une idéologie ne s’explique jamais par les seuls services qu’elle est censée rendre à un secteur ou à une composante de la société. Si l’on dépasse cette vision fonctionnaliste, la question des conditions de naissance, du régime de croyance et du type de vérité des idéologies insiste et résiste.

L’objectif du cours-conférence est de reprendre cette question abyssale en suivant un fil conducteur précis : son traitement par Sartre, dont on ignore souvent qu’il l’a affrontée à plusieurs reprises dans son parcours intellectuel, en lui réservant un sort chaque fois différent. Les multiples tentatives de Sartre, consignées dans des textes peu lus et, pour la plupart, publiés à titre posthume, constituent un véritable atelier de pensée, qui a été le théâtre d’une radicalisation tendancielle de son option matérialiste initiale, mais sans que Sartre se soit jamais arrêté à une doctrine et, encore moins, à une doctrine standard du statut des idéologies. Sartre n’a jamais sacrifié à l’une ou l’autre des simplifications marxistes (fonctionnaliste ou causaliste), pas plus qu’il n’a jamais défini l’idéologie par la concordance d’une pensée avec des intérêts de classe. Son matérialisme est à la fois plus subtil et plus radical, car il enchâsse l’idéologie au cœur des rapports personnels avec la matière, ce qui en fait aussi bien l’expression d’une aliénation (puisque la matière impose son inertie) que de la liberté (puisque nous entretenons un rapport pratique à cette inertie). Il est aussi plus inquiet, Sartre n’ayant jamais admis le rabattement des valeurs sur de simples faits sociaux : il ne perd jamais de vue qu’il cherche une origine pratique à un régime de normes idéales, de sorte qu’il lui faut interroger le mode de croyance et de vérité de ces idéalités irréductibles aux conditions matérielles de leur émergence.

Une originalité supplémentaire réside dans le fait que, chez Sartre, cette problématique somme toute classique est traitée dans de multiples textes qui diffèrent profondément par le style, les exemples et les angles d’attaque. Si l’évocation de ces textes ne permettra pas de déboucher sur des réponses assurées, elle devrait permettre de rendre son acuité à un thème trop souvent abordé dans des termes généraux ou abstraits.


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Vincent de Coorebyter

   

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Vincent de Coorebyter

   

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Vincent de Coorebyter

   

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Matière

Matière

Histoire et lettres

Cours-conférence

La naissance des idéologies selon Sartre. Le matérialisme revisité


Programme

Heure

   

Leçon

   

Conférenciers

16h00 - 18h00

   

Liberté-Égalité. Une genèse non marxiste de l'idéologie bourgeoise

   

Vincent de Coorebyter

     

Lieu

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Palais des Académies

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Local

Salle à déterminer

Adresse

Rue Ducale 1, 1000 Bruxelles


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