Petite phénoménologie des industries culturelles

Mardi 04/05/2010 – 16h30

La notion d’industries culturelles est à la fois familière et mal connue. On l’élargit souvent à toute forme d’investissement lourd ou à but lucratif dans le domaine culturel, sans prendre conscience de la différence entre le spectacle vivant, qui coûte à peu près aussi cher à la millième représentation qu’à la première, et les industries culturelles au sens propre, qui jouent sur l’abaissement tendanciel des coûts de production lorsqu’un bien culturel (disque, livre, film…) peut être reproduit à très grande échelle.

Dépendantes de méthodes de production sophistiquées, les industries culturelles n’ont cessé d’évoluer au gré de mutations technologiques qui ont transformé les supports sur lesquels les œuvres sont diffusées, la dernière révolution en date étant évidemment celle du numérique. Pour faire comprendre en termes simples et décisifs la nature spécifique des industries culturelles, on s’efforcera dans ce cours-conférence d’en cerner le ressort ultime, c’est-à-dire les questions posées aux industries culturelles depuis la naissance de l’imprimerie: comment vaincre les contraintes de l’espace (mettre l’œuvre en contact avec son public), du temps (permettre au public de découvrir l’œuvre au moment qu’il choisit) et de la grande série (permettre à chacun de découvrir l’œuvre comme il le souhaite alors que sa diffusion est organisée à grande échelle) pour élargir le public potentiel?

Au passage, on montrera – ce que beaucoup de spécialistes des industries culturelles n’ont pas remarqué – quelle rupture constitue la radio, premier médium qui évite de devoir reproduire l’œuvre en auteurs d’exemplaires que de membres du public, à charge pour celui-ci de s’équiper d’un appareil récepteur qui permet de décoder un message diffusé de manière unique. On s’interrogera aussi sur les caractéristiques de contenu et de forme qui permettent à des œuvres culturelles d’être diffusées sous des formats toujours plus inattendus sans perdre, au moins en apparence, leur portée et leur sens (films regardés sur téléphone portable, etc.). C’est la nature propre de l’imaginaire (sa «phénoménologie») qui est ici en jeu, et qui éclaire d’un jour nouveau la relation entre l’art et la matérialité. Cette nature permet à son tour de comprendre avec quelle facilité le public peut devenir «créateur de culture» après avoir été longtemps cantonné dans un rôle passif, ainsi que de rappeler que la culture, par sa dépendance à l’imaginaire, côtoie nécessairement la manipulation et le mensonge.

Accès gratuit et sans inscription préalable


Responsables

Nom & prénom

   

Fonction

Vincent de Coorebyter

   

Responsable académique

   

Vincent de Coorebyter

   

Coordinateur

   

Vincent de Coorebyter

   

Conférencier

   

Matière

Matière

Société, lettres et arts

Cours-conférence

Petite phénoménologie des industries culturelles


Programme

Heure

   

Leçon

   

Conférenciers

16h30 - 18h30

   

Petite phénoménologie des industries culturelles

   

Vincent de Coorebyter

     

Lieu

Site

Palais provincial de Namur

Immeuble

Palais provincial de Namur

Local

Salle du Conseil provincial

Adresse

Place Saint-Aubain 2, 5000 Namur


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