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Nouvelle publication de l'Académie : "L'interprétation des noms grecs et latins d'animaux illustrée par le cas du zoonyme 'sēps-seps'", par Liliane Bodson

Le mot grec ancien sēps (littéralement « plaie putréfiante ») apparaît comme terme médical dès le corpus hippocratique. De la fin de la période classique (IVe-IIIe siècle) à la fin de l’époque byzantine (XVe), non sans avoir été latinisé dans l’intervalle, il a été octroyé à certains des animaux venimeux. Dans la première étude détaillée qui est consacrée aux emplois zoonymiques de sēps-seps, Liliane Bodson se fonde sur les sources iconographiques et textuelles uniquement (faute, à ce jour, de témoignages archéozoologiques pertinents) et les exploite à l’aide de la documentation ancienne et moderne. L’enquête aboutit à confirmer la détermination qui avait été précédemment avancée pour quelques-uns des animaux concernés et à identifier les autres, au degré de l’espèce, soit qu’ils aient été confondus ou qu’ils soient restés inaperçus. Ce volet du travail permet de dégager la portée originale de sēps-seps. En tant que zoonyme, il instaure un rapport transversal entre quatre catégories zoologiques et crée pour un nombre restreint de leurs taxons (l’un d’eux à l’état larvaire) un groupement qui procède à la fois de critères technologiques et anthropologiques. Loin de se limiter à ce cas particulier, l’approche cognitive sous-jacente au système généré par l’homonymie herpétologique du vocable s’avère représentative de la manière grecque et, par suite, romaine de concevoir et d’explorer l’ensemble du monde animal. Chemin faisant, l’analyse met en évidence l’intérêt des données antiques de zoogéographie et de bio-écologie comme source d’informations sur la biodiversité dans le bassin méditerranéen à la distance de trois à cinq millénaires.

L’accès au contenu du volume est facilité par les traductions qui accompagnement les citations grecques et latines, la translittération des mots grecs insérés dans le texte ou les notes infrapaginales et la présence de six index.

L’ouvrage s’adresse aux antiquisants, lexicologues du grec ancien et du latin, historiens de la zoologie antique et moderne, historiens de la médecine antique ainsi qu’aux herpétologues, entomologistes, anthropologues, ethnologues et à quiconque s’intéresse à l’histoire des connaissances zoologiques et des relations entre l’homme et l’animal.

Spécialiste des connaissances zoologiques et des relations entre homme et animal dans l’Antiquité grecque et romaine, Liliane Bodson est membre de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l’Académie royale de Belgique. Dans le cadre de ses travaux, elle a créé et édité la collection des « Colloques d’histoire des connaissances zoologiques ». Ses publications, qui incluent l’indexation des trois grands traités « zoo- et biologiques » aristotéliciens (la troisième à paraître), lui ont valu plusieurs prix aux rangs national et international.

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