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Les Publications    Toutes les publications    Domestiques et servantes. Des vies sous condition
Valérie Piette

Domestiques et servantes. Des vies sous condition

Textes du quatrième de couverture du mémoire

Cet ouvrage traite de la domesticité urbaine en Belgique, et plus spécialement à Bruxelles, sur la longue période, soit de la Révolution française à la Première Guerre mondiale.
L’introduction pose clairement l’enjeu du sujet, laissé longtemps dans l’angle mort de l’historiographie, et envisage toutes les difficultés méthodologiques découlant des sources.
Le corps même du livre s’organise thématiquement en trois parties. La première concerne le statut et l’aspect juridique de la condition domestique. L’étude du statut et de la législation met en évidence combien le contrôle des domestiques a servi de modèle pour le contrôle ouvrier, notamment par l’obligation du livret et par la promulgation de l’article 1781 du code civil. Elle montre la lente dissociation de la classe ouvrière et de la domesticité, longtemps confondues dans un même et vaste prolétariat suspecté, au gré des premières lois ouvrières et des premiers acquis
« sociaux ».
La deuxième partie étudie la vie quotidienne et les pratiques professionnelles, présentées par étapes chronologiques symboliques : l’entrée en condition, les gages et les conditions de travail, la hiérarchie des tâches, les lieux et les modes de vie mais aussi les manières de sortir de sa condition. Elle aborde aussi les représentations collectives longtemps associées à la condition ancillaire ; cet imaginaire bourgeois, qui s’impose comme une norme de la délinquance domestique, se mue en véritable obsession fin-de-siècle et déclenche ce qu’il est convenu de nommer la « crise de la domesticité ».
Cette crise, traitée dans la dernière partie, est surtout révélatrice d’une société en quête de repères, à la recherche d’un temps révolu, en proie à l’angoisse devant les changements majeurs du tournant du siècle. Des remèdes et des solutions sont préconisés, tous d’ordre moral. Les nombreuses oeuvres caritatives, véritables réseaux d’encadrement centrés sur la (re)moralisation des servantes en témoignent. C’est également à ce moment, et pour la première fois, que certains, encore peu nombreux, posent la question, considérée alors comme farfelue, d’une vie et d’une société sans domestique.
En conclusion, l’ouvrage remet en cause, par le biais de la domesticité, un certain nombre de certitudes de l’histoire sociale. Il oblige à reconsidérer l’histoire des travailleurs sous un angle qui ne privilégie plus seulement le travail industriel. Il (re)pose également la notion même de catégorie sociale et celle des rapports entre les différentes classes sociales et entre les sexes.

Née à Bruxelles en 1969, Valérie Piette est licenciée en histoire (1993), agrégée de l’enseignement supérieur (1993) et docteure en philosophie et lettres de l’Université libre de Bruxelles (1998). Cet ouvrage est tiré de sa thèse de doctorat, qui a été couronnée par un Prix du concours annuel de l’Académie royale de Belgique en mai 1999. Valérie Piette a orienté ses recherches dans des domaines très divers, au confluent de l’histoire sociale, de l’histoire économique et de l’histoire des femmes. On lui doit notamment de nombreux articles sur le petit commerce comme moyen d’insertion sociale, sur l’histoire du travail féminin, sur l’évolution du féminisme en Belgique.
Récemment, elle a participé à une étude sur les petits commerçants immigrés à Bruxelles dans l’entre-deux-guerres. Insérée dans divers groupes de recherche, elle collabore activement aux travaux du Groupe interdisciplinaire d’Études sur les Femmes (ULB), du Centre Gavroche (ULB) et du comité scientifique de La Fonderie. Elle est une des chevilles ouvrières de la revue Sextant. Elle a été successivement chercheuse à l’ULB, dans le cadre d’un contrat Mini-Arc, puis dans celui d’un contrat FNRS-Loterie Nationale. Actuellement, elle est chargée de recherches au Fonds National de la Recherche Scientifique et prépare une étude comparée sur le travail des femmes dans l’entre-deux-guerres en Belgique, France, Grande-Bretagne et Canada.

Photo : Publicité du « Bon Marché » [vers 1900], AVB, Fonds Fauconnier
Édition
LieuBruxelles
ÉditeurAcadémie royale de Belgique
Année2000
Numéro d'édition2001
CollectionMémoires de la Classe des Lettres
Formatin 8°
Série3
TomeXXIII
Numéro2001
Nombre de pages522
ISBN2-8031-0174-2
Prix44,62€
N° Fiche2740
Documents
Valérie Piette, Domestiques et servantes. Des vies sous condition - format pdf