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Matière
Société, lettres et arts
Cours-conférence
Le duc de Saint-Simon : l’écriture, la foudre, le néant
Lieu
Site
Bruxelles
Immeuble
Palais des Académies
Local
Salle à déterminer
Adresse
Rue Ducale 1, 1000 Bruxelles
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Activités    Le duc de Saint-Simon : l’écriture, la foudre, le néant
Mer
19  02
17:00
Inscriptions
clôturées
Mercredi 19 février 2020 à 17 heures
Bruxelles – Palais des Académies – Salle à déterminer
Le duc de Saint-Simon : l’écriture, la foudre, le néant
Le duc de Saint-Simon, connu comme mémorialiste du siècle de Louis XIV, souvent cité, souvent pillé, n’a pas la réputation qu’il mérite sur le point précis où il est incomparable : le style, c’est-à-dire l’art de mettre en forme dramatique et émotionnelle les éléments factuels de l’expérience, de l’imaginaire et du savoir.

Il est vrai que ses Mémoires, qui constituent son œuvre principale mais non unique, se défendent à la fois par leur ampleur (3000 pages) et par leur sujet (une plongée pittoresque dans le règne du « Roi-Soleil »). Ainsi circulent-ils davantage sous forme de morceaux choisis, principalement de portraits, où le Duc excelle, que dans leur mouvement complet et souverain. Ainsi sont-ils davantage fréquentés et cités par les historiens que par les critiques et les lecteurs littéraires.

Pourtant, lire ou relire cette traversée du monde dans l’ampleur et l’ordre même où son auteur l’a voulue, découvrir l’étrange et prompt regard qu’il porte sur les témoignages et les souvenirs qui sont au cœur de sa méthode (il écrit essentiellement après 1715, après la mort du roi), mettent rapidement le lecteur face à une triple évidence : le souci de la vérité l’emporte largement sur les préjugés et les foucades du petit Duc, irascible mais têtu dans les faits ; ses Mémoires sont le contraire d’un fourre-tout, du type Journal des Goncourt : la méthode et le dispositif global y sont essentiels ; enfin, l’écriture y atteint un degré d’invention et d’accomplissement presque sans équivalent dans la littérature, en sorte que ce Duc de fraîche date, peu lettré, peu artiste, et qui n’a jamais pensé à faire une œuvre littéraire, est peut-être le plus grand prosateur de notre langue.

Le plus grand prosateur ne veut pas dire exactement : le plus grand écrivain. Il y a des secteurs de la psychologie, des sentiments, de la vision, qui ne sont pas de son ressort, et qui donnent à d’autres grandes œuvres, celles de Shakespeare, de Dante, de Châteaubriand ou de Proust, une nécessité plus grande et plus universelle. Mais la force des situations et l’éclat du style ne sont nulle part portés plus haut que chez le très méconnu Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1955). Notre conférence viser à en donner, à travers un portrait synchronique de l’écrivain et de son œuvre, soutenu par de nombreuses citations, la vision la plus pure possible d’un auteur, véritablement et absolument, classique. »


Bibliographie sélective

BASTIDE F-R, Saint-Simon par lui-même, Le Seuil, Écrivains de Toujours, 1953.

DE WAELHENS A., Le Duc de Saint-Simon. Immuable comme Dieu et d’une suite enragée, Facultés universitaires de Saint-Louis, 1981.

SAINTE-BEUVE, Saint-Simon, in Causeries du Lundi, tome 3, 1851-1862.

SOLLERS P., Saint-Simon et le savoir absolu, in Théorie des exceptions, Gallimard, 1985.

SOLLERS P., La folie de Saint-Simon, in La guerre du goût, Gallimard, 1994.

Programme
17:00
19:00
Le duc de Saint-Simon : l’écriture, la foudre, le néant
Intervenant
Photos
Photo Philippe Molitor